En bref.
- Exigez trois niveaux de restitution : le message après chaque appel, le journal d'appels consultable et une synthèse chiffrée périodique.
- Le chiffre le plus utile est celui qu'on vous montre le moins : les appels non aboutis, plage par plage.
- Séparez les canaux : l'urgent par SMS ou appel, le reste par e-mail ou espace client.
- Faites écrire dans le contrat le contenu du reporting, sa fréquence et la durée de conservation des données.
Confier son accueil à un service extérieur crée un angle mort : vous ne voyez plus les appels passer. Les comptes-rendus comblent ce vide. Bien conçus, ils vous disent en un coup d'œil combien d'appels sont arrivés, ce qui en a résulté et ce qui a échappé au service. Sans eux, vous payez à l'aveugle ; avec eux, vous pilotez. Encore faut-il savoir quoi demander, sous quelle forme et à quel rythme.
Le compte-rendu après chaque appel
C'est la restitution que vous lirez le plus souvent. Après chaque appel qui demande une suite, le télésecrétariat vous transmet un message. Un bon message se lit en dix secondes et vous permet d'agir sans rappeler le service pour comprendre. Il doit répondre à quatre questions : qui, quoi, quand, et que dois-je faire.
| Champ du message | Exemple | Pourquoi il compte |
|---|---|---|
| Date et heure | Mardi 10 h 42 | Savoir si l'appelant attend depuis une heure ou depuis la veille |
| Identité de l'appelant | M. Durand, patient connu | Distinguer un client existant d'un nouveau contact |
| Coordonnées de rappel | Numéro vérifié en fin d'appel | Un numéro mal noté rend le message inutile |
| Objet de l'appel | Résultat d'examen à commenter | Préparer sa réponse avant de rappeler |
| Action déjà réalisée | Rendez-vous proposé, refusé | Éviter de refaire ce qui a été fait |
| Niveau d'urgence | À rappeler avant 18 h | Hiérarchiser les rappels de la journée |
Le format se règle au démarrage, en même temps que vos consignes d'accueil : quels champs sont obligatoires, quelles abréviations sont admises, ce qui doit figurer en tête du message.
Le journal d'appels, base de tout
Le message ne couvre que les appels qui demandent une suite. Le journal, lui, trace tous les appels traités, y compris ceux que le service a réglés seul : un rendez-vous posé, un renseignement donné, un démarcheur éconduit. Un journal utile mentionne :
- la date et l'heure de l'appel, et sa durée ;
- l'objet (rendez-vous, renseignement, message à transmettre, appel filtré) ;
- l'action réalisée et la suite donnée ;
- la personne de l'équipe qui a traité l'appel, quand le service en compte plusieurs.
Ce journal se recoupe avec vos messages et votre agenda : il vous permet de vérifier qu'aucun appel n'est resté sans suite, et de répondre à un client qui affirme « avoir appelé trois fois ». Il sert aussi de base de discussion avec le prestataire quand une situation se passe mal.
Les statistiques qui comptent
Au-delà du détail, quelques chiffres agrégés révèlent la santé de votre accueil. Inutile d'en exiger trente : six indicateurs bien lus suffisent.
| Indicateur | Ce qu'il mesure | Ce qu'il révèle |
|---|---|---|
| Volume d'appels | Appels reçus par jour et par plage horaire | Vos heures de pointe réelles et le bon dimensionnement du forfait |
| Taux de décroché | Part des appels pris par un interlocuteur | La capacité du service à absorber votre flux |
| Délai avant réponse | Nombre de sonneries ou secondes d'attente | La qualité perçue par l'appelant |
| Rendez-vous posés | Créneaux réservés, déplacés, annulés | Ce que le service rapporte concrètement à votre activité |
| Messages transmis | Nombre et répartition par objet | Les motifs d'appel que vos consignes pourraient mieux traiter |
| Appels non aboutis | Raccrochés avant réponse, hors plage | Les trous de couverture à combler |
Ces chiffres transforment une impression en fait. Ils recoupent d'ailleurs la question des appels manqués d'un cabinet : un bon reporting montre noir sur blanc ce que le service a rattrapé, et ce qui lui échappe encore.

Les appels non aboutis, l'indicateur qu'on oublie
Le chiffre le plus instructif est aussi le plus caché : les appels que le service n'a pas traités. Un reporting honnête les fait apparaître, car ils signalent :
- un sous-dimensionnement aux heures de pointe (lundi matin, rentrée, épidémie saisonnière) ;
- des plages horaires non couvertes où les appels arrivent pourtant ;
- un débordement qui bascule trop tard, quand l'appelant a déjà raccroché.
À exiger. Demandez que les appels non aboutis figurent explicitement dans le reporting, avec leur heure, et pas seulement les appels traités. Un service qui ne présente que ses réussites vous prive de l'information la plus utile pour ajuster les plages et les consignes.
Canaux et rythme de restitution
Un bon compte-rendu arrive au bon moment, par le bon canal. L'erreur classique consiste à tout recevoir par e-mail : l'urgent se noie dans le courant. Distinguez trois rythmes.
| Rythme | Canal conseillé | Contenu |
|---|---|---|
| Immédiat | SMS ou appel | Urgences définies dans vos consignes, appel d'un proche, d'un confrère prioritaire |
| Au fil de l'eau | E-mail ou espace client | Messages à rappeler dans la journée, demandes d'information |
| Quotidien | Récapitulatif e-mail | Liste des appels du jour, rendez-vous posés et annulés |
| Mensuel | Tableau de synthèse | Volumes, taux de décroché, appels perdus par plage, évolution |
| À la demande | Export du journal | Recherche d'un appel précis, réclamation, bilan annuel |
L'essentiel est que chaque restitution vous serve à décider : rappeler un patient, ajuster une consigne, ouvrir une plage, revoir le forfait. Un rapport que personne ne lit est un coût, pas un outil.
Exemple : lire son premier bilan mensuel
Prenons un cabinet de kinésithérapie à deux praticiens qui confie sa ligne à un télésecrétariat. Après un mois, la synthèse indique 620 appels reçus, 571 décrochés et 49 non aboutis, dont 31 entre 8 h et 9 h. Le service a posé 240 rendez-vous et transmis 95 messages.
Exemple chiffré. Le taux de décroché global (environ 92 %) paraît correct. Mais près des deux tiers des appels perdus se concentrent sur la première heure de la matinée. Plutôt que de changer de prestataire, le cabinet demande un renfort sur ce créneau et règle son transfert d'appel pour basculer dès la deuxième sonnerie. Le mois suivant, les appels perdus de 8 h à 9 h tombent à 9. Sans la répartition horaire, ce levier serait resté invisible.
Autre lecture utile : parmi les 95 messages, 40 portaient sur les horaires et l'accès au cabinet. Une simple consigne supplémentaire (« donner les horaires et l'adresse, proposer l'envoi d'un SMS avec le plan ») a permis au service de traiter seul ces demandes, sans déranger les praticiens.
Comptes-rendus et protection des données
Un journal d'appels contient des données personnelles : noms, numéros, motifs d'appel. En santé, le motif peut révéler un état de santé. Le prestataire agit alors comme sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD, et le contrat doit encadrer ce qu'il fait de ces données. Vérifiez quatre points :
- Minimisation : le message ne contient que ce qui est utile pour rappeler, pas le détail médical confié par l'appelant.
- Durée de conservation : le journal est conservé le temps nécessaire, puis supprimé ou restitué. Si les appels sont enregistrés, la CNIL recommande de ne pas garder les enregistrements au-delà de six mois.
- Accès : l'espace client est protégé par un identifiant personnel, et chaque consultation est tracée.
- Hébergement : pour des données de santé, le prestataire doit recourir à un hébergeur certifié HDS.
Ces garde-fous sont détaillés dans notre article sur le RGPD et les données de santé.
Ce qu'il faut faire écrire dans le contrat
Un reporting promis à l'oral ne vaut rien quand la relation se tend. Avant de signer, faites préciser noir sur blanc :
- le contenu du message d'appel et de la synthèse (les indicateurs listés plus haut) ;
- la fréquence et le canal de chaque restitution ;
- la présence des appels non aboutis dans les statistiques ;
- ce qui est inclus dans le tarif et ce qui est en option ;
- le droit d'exporter votre journal, notamment en fin de contrat.
Ces points s'ajoutent aux autres clauses à vérifier dans un contrat de télésecrétariat. Et si vous hésitez entre deux services, demandez à chacun un exemple anonymisé de synthèse mensuelle : c'est un excellent révélateur de leur sérieux.
Ce qu'il faut retenir
Exigez trois restitutions : un message complet après chaque appel, un journal consultable et une synthèse chiffrée qui montre, surtout, les appels non aboutis par plage horaire. Séparez l'urgent du courant, et faites écrire le tout dans le contrat. C'est ce qui vous permet de piloter un accueil que vous ne voyez plus passer. Pour cadrer en amont ce que le service doit faire, voyez les étapes de mise en place et notre guide comment choisir son télésecrétariat.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un compte-rendu d'appel et un reporting ?
Le compte-rendu d'appel est la trace d'un appel précis : qui a appelé, pour quoi, ce qui a été fait. Le reporting agrège ces appels en chiffres (volume, taux de décroché, rendez-vous posés, appels perdus) sur une période. Il vous faut les deux : le premier pour agir au quotidien, le second pour piloter.
Les comptes-rendus sont-ils inclus dans le prix d'un télésecrétariat ?
Le message transmis après chaque appel est presque toujours inclus. Les statistiques détaillées, l'export des données ou une synthèse mensuelle commentée sont parfois des options. Faites préciser dans le devis ce qui est compris et ce qui est facturé en plus.
Comment recevoir les messages urgents d'un télésecrétariat ?
Par un canal différent des messages ordinaires : SMS ou appel immédiat pour l'urgent, e-mail ou espace client pour le reste. La règle de tri se fixe dans vos consignes, avec la liste de ce qui doit vous être transmis sans délai.
Un bon taux de décroché, c'est combien ?
Il n'existe pas de norme officielle. En pratique, un service correctement dimensionné décroche la très grande majorité des appels entrants pendant ses plages. Plus que le chiffre global, regardez les heures de pointe : c'est là que se cachent les appels perdus.
Combien de temps le télésecrétariat conserve-t-il le journal d'appels ?
La durée doit être fixée dans le contrat de sous-traitance, en fonction de la finalité. Elle doit être limitée à ce qui est nécessaire. Demandez aussi à pouvoir exporter vos données avant leur suppression ou en fin de contrat.
Que faire si le reporting révèle beaucoup d'appels perdus ?
Repérez d'abord les plages en cause dans les statistiques horaires. Ensuite, trois leviers : élargir les plages couvertes, régler le débordement pour qu'il bascule plus tôt, ou revoir le volume du forfait avec le prestataire.
Sources officielles
- Règlement (UE) 2016/679 (RGPD) — article 28 : obligations du sous-traitant et contenu du contrat.
- CNIL — Écoute et enregistrement des appels sur le lieu de travail : durées de conservation recommandées.
- esante.gouv.fr — Hébergement des données de santé (HDS) : obligation de certification.